Le LEAN vise à l’élimination des tâches sans valeur ajoutée et des pertes,
à la simplification des processus en augmentant la fluidité, la
flexibilité, l’agilité dans un objectif d’accroître la valeur pour le
client (valeur définie par le client), et ainsi contribuer à
l’amélioration des performances de l’entreprise.
Le
SIX SIGMA vise quant à lui à dimi
nuer la variabilité des processus
afin de les fiabiliser, les rendre stables et prévisibles et à
s’assurer de la reproductibilité « parfaite » du processus pour tendre
vers le zéro défaut et la satisfaction des clients.
Le LEAN SIX SIGMA est la fusion des deux concepts qui relient les notions de productivité, fluidité (le LEAN) et la qualité (le SIX SIGMA).
XL Consultants a été la première société de Formation et de Conseil à avoir combiné les deux approches : LEAN et SIX SIGMA dès 1999. Cette combinaison a d’ailleurs été reprise dans la norme NFX 06-091 (avril 2011) relative aux exigences de compétences en Lean 6 sigma. Bernard Murry, Directeur Général et co-fondateur de
XL Consultants, a été un membre actif du groupe de travail AFNOR qui a
réalisé cette norme.
Les Green et Black Belt en Lean Six Sigma :
Les Green Belt Lean Six Sigma et Black Belt Lean Six Sigma sont des chefs de projets qui vont déployer la démarche DMAIC (Define, Mesure, Analyse, Improve, Contrôl) élaborée dans les années 1990 par Mikel Harry et Bill Smith. Les Green Belt Lean Six Sigma et Black Belt Lean Six Sigma
se distinguent par l’ampleur des projets (étendue, complexité, gains
financiers), leur niveau de formation et le temps disponible pour
réaliser les projets:
• Projet Green Belt Lean Six Sigma : gains supérieurs à 50K€, formation du Green Belt Lean Six Sigma entre 8 et 10 jours, temps consacré au projet 20% environ sur la durée du projet (entre 3 et 5 mois)
• Projet Black Belt Lean Six Sigma : gains supérieurs à 100K€, formation du Black Belt Lean Six Sigma entre 15 et 20 jours, 70 à 100% du temps consacré au projet
Quels types de projets pour déployer le DMAIC ?
La démarche DMAIC s’applique pour l’amélioration des processus stratégiques de l’entreprise : ce n’est pas une méthode de résolution de problème type G8D, méthode 4x4 ou PDCA.
Il s’agit d’améliorer de façon drastique un processus avec des gains
importants ou d’améliorer la satisfaction des clients. La démarche est
souvent utilisée là ou d’autres outils n’ont pas donné satisfaction. Le DMAIC s’applique donc en mode projet et fait partie des méthodes d’amélioration par percée ou rupture du type : Hoshin, Kaizen event…
Principes
La démarche DMAIC : principes et exemples
La réussite de cette méthodologie et d’un projet résident dans le fait
qu’ils sont structurés, rigoureux, déployés suivant 5 phases distinctes
(DMAIC) et étapes clairement identifiées incluant des données d’entrée
de sortie et des revues de projet en fin de chaque phase .Afin de rendre
la présentation du DMAIC plus claire nous allons présenter un projet
Green Belt réel ayant donné lieu à la certification du candidat.
Le projet présenté
Il s’agit d’améliorer le processus de
réalisation de blocs caoutchouc cellulaires en EPDM utilisés pour
l’isolation thermique dans l’automobile. En particulier il s’agit de
réduire la variabilité dimensionnelle des blocs et ainsi de réduire la
production de produits de 2eme choix. L’entreprise avait déjà lancé des
projets d’amélioration avec des groupes de travail utilisant les outils
classiques de la qualité : résolution de problèmes,
AMDEC…
- La phase D : Définir une situation pratique
Cette phase consiste à définir le projet, son étendue, ses gains opérationnels (réduire les dispersions dimensionnelles, longueur, largeur, épaisseur des blocs) de 1/3) et financiers (gain de 62K€ sur un an), l’équipe projet (5 personnes de services différents) le planning
(planifié sur 7 mois): ces informations constituent la charte projet
validée par le sponsor, le responsable du processus et le contrôleur de
gestion. La VOC (Voice of costumer) permet de définir et quantifier les attentes des clients : on appellera ces valeurs les Yi données de sortie du processus à améliorer : spécifications produits, délais de réalisation du processus, d’un service, TRS, fiabilité…). Dans notre projet les Yi étaient les dispersions dimensionnelles des blocs soit 3Yi : écart type longueur, largeur, épaisseur.
Le SIPOC (Supplier, Input, Processus, Output, Customer), permet
de délimiter le processus, ( processus constitué de 8 étapes majeures
telles que : mélangeages, extrusion, pré vulcanisation, vulcanisation,
stabilisation, découpe…) Dans cette phase les données de sortie appelées
les Yi sont définies et objectivées (écart type longueur 50 mm : objectif 30 mm, écart type épaisseur 4 mm :objectif 3mm). Les Xi
paramètres dits influents du processus (les Xi) sont identifiés par
brainstorming avec les opérateurs et en réalisant un logigramme détaillé
du processus. (31 facteurs influents Xi ont été identifiés lors de 2
brainstorming et d’un logigramme détaillé du processus). Une matrice de
sélection entre les Yi et les Xi a permis de sélectionner 24 Xi qui
feront l’objet des mesures de la phase M.
- La phase M : Mesure : transformer la situation pratique en une situation statistique
Cette phase consiste à réaliser les
mesures en simultanée des Yi et des Xi dits
influents du processus. Les définitions opérationnelles et les
capabilités des processus de mesure ont été réalisées avant les
campagnes de mesures, avec des méthodes types
R&R, CMC ou Kappa. Dans
le projet présenté il y a eu 2 campagnes de mesures de 2 mois, 6000
blocs ont été mesurés et 24 paramètres enregistrés par bloc : c’est le
prix à payer pour atteindre les objectifs ambitieux. La fin de la phase
M consiste à
calculer les capabilités du processus, vérifier la loi de distribution des données. (Cp, Cpk…)
- La phase A : Analyser : définir des solutions statistiques
Cette phase consiste à valider par l’analyse des données les
facteurs influents du processus (Xi) en partant des dires des «
experts
» de la phase D. Les outils utilisés sont plus au moins sophistiqués et
comprennent les analyses statistiques en utilisant des logiciels tels
que
Minitab :
corrélations,
tests d’inférences,
ANOVA… mais il ne faut transformer le projet en une seule analyse statistique de haut niveau. Toutefois l’
analyse statistique devient simple avec les logiciels et la vulgarisation des formateurs qualifiés.
Les principaux outils utilisés non statistiques sont les
6M, diagramme des affinités, 5P…
La phase A s’achève par la modélisation du processus du type :
Yi=F(Xi).
Dans le projet présenté, les facteurs influents ont été : la viscosité
du mélange, les temps de grillage et de stockage des mélanges, les
types de plateau de production… Quant aux facteurs dits influents par
les opérateurs aucune influence sérieuse n’a été démontrée : longueur
ébauche, cellules de stabilisation, opérateurs…le modèle trouvé a permis
d’expliquer plus de
50% de la variation des dimensions des blocs.
- Phase I « improve » ou améliorer : passer de solutions statistiques à des solutions pratiques
Cette phase consiste à générer puis à sélectionner des
solutions pour améliorer et
maitriser les Xi les plus influents.
Les outils de créativité incluant des matrices de sélection
multicritères sont fréquemment utilisés par les techniciens du processus
ainsi que des outils d’analyse de risques tels que l
’AMDEC. Dans certains cas des outils statistiques peuvent être utilisés comme les plans d’expériences. Dans cette
phase I des « pilotes »
sont souvent réalisés pour valider le nouveau processus ou les
modifications envisagées. La mise à jour de la documentation du
processus, et la formation du personnel sont des éléments essentiels de
cette phase pour assurer une reproductibilité des bonnes pratiques et
pérenniser les acquis.
- Phase C Contrôle au sens « maitriser »
Cette phase consiste à déployer des outils de pilotage du processus afin
de garantir un non retour en arrière vis à vis des performances
améliorées du processus. On se focalise sur le pilotage des Xi les plus
influents en utilisant des outils tels que les cartes de contrôle du SPC, les audits internes, le management visuel...
Dans le projet présenté des cartes de contrôle relatives à la
viscosité, aux temps de grillage ont été déployées et intégrés au
pilotage automatique du processus. Dans cette phase il s’agit aussi de
clôturer le projet sur ses gains opérationnels et financiers mais aussi
effectuer un retour d’expériences sur le déroulement du projet DMAIC et ainsi « améliorer le processus d’amélioration ». Sur le projet présenté les gains opérationnels estimés ont été atteints et les gains financiers validés par le contrôleur de gestions, les bonnes pratiques ont été exportées sur d’autres blocs cellulaires.
Conclusions
Le projet a permis de d
épasser les objectifs fixés tant au
niveau opérationnels que financiers (
gains supérieur à 110K€ sur le produit amélioré),
les actions d’amélioration ont été en suite déployées sur d’autres
familles de blocs EPDM avec le même succès. Le projet a mobilisé une
équipe pluridisciplinaire
qui s’est très fortement impliquée du fait de la démarche rigoureuse,
pragmatique, scientifique : on est sur des faits et non plus sur des
opinions. Le DMAIC a bien marché là ou des méthodes de base de
résolution de problème ont échoué. L’
entreprise utilise systématiquement le DMAIC
sur des processus de production complexes toute en déployant une
démarche d’amélioration continue basé sur le lean management. Comme on
le vérifie souvent les chefs de projet
Green Belt Lean Six Sigma ou
Black Belt Lean Six Sigma sont
de vrais vecteurs du changement et de l’amélioration des
performances. Ils mettent en œuvre avec rigueur les phases et étapes du
DMAIC en utilisant les
outils du lean, et du
management de la qualité afin d’améliorer de façon importante les processus stratégiques de l’entreprise. C’est pour eux un
facteur important d’employabilité et d’
évolution dans leur entrepris. Il y a lieu de bien organiser le déploiement de la démarche en formant des
Champions,
sponsor, Black Belt et
Green Belt et en sélectionnant les projets avec rigueur.