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l’Université Lean 6 Sigma
pour la certification de compétences en Lean
et Lean Six Sigma
Lean Six Sigma : chasse aux coûts... et dégâts collatéraux ?
Démarche Lean Six Sigma
Les méthodologies Lean et Six Sigma -- employées séparément ou
ensemble -- rencontrent un succès important auprès des entreprises, du
fait des résultats qu'elles permettent d'atteindre.
Cependant, un certain nombre d'articles de presse sur le Lean Six Sigma
sont parus en France au cours des deux dernières années, pour dénoncer
les méthodes de "cost killing" qui se cacheraient (ou pourraient se
cacher) derrière ces méthodologies. Ces articles font état de réorganisations importantes, de suppression de
postes, d'augmentation du stress et de la souffrance au travail. Que faut-il en penser ?
Les outils du Lean Six Sigma mis en cause
Au cours d'un projet Lean Six Sigma (ou dans le cadre d'un
atelier/chantier en démarche Lean), l'équipe de travail étudie de près
le processus à améliorer.Pour cela, elle identifie les opérations dites "à valeur ajoutée" mais
aussi celles dites "à non valeur ajoutée", la valeur ajoutée étant
définie comme "ce que le client est prêt à payer".
L'entreprise a tout intérêt à réduire les non-valeurs ajoutées,
puisqu'elle ne reçoit pas de contrepartie financière du client : par
exemple, si une entreprise mal organisée stocke et déstocke ses produits
plusieurs fois du simple fait de son organisation interne, elle ne peut
le faire payer directement par le client. Ceci va donc diminuer sa marge bénéficiaire, son résultat financier.
Dans la même logique, on identifie les gaspillages (de temps, de
matière, de mouvements...), avec l'objectif de réduire ces gaspillages
qui ne profitent ni à l'entreprise ni à ses clients. Les outils Lean Six Sigma sont-ils toxiques en soi ?
L'importance du management et de la stratégie de l'entreprise dans la démarche Lean Six Sigma
Pour répondre à la question de la toxicité des outils, il faut
"re-situer" leur usage dans le contexte du mode de management et de la
stratégie de l'entreprise. Pourquoi ? Tout le monde s'accordera à dire que supprimer une non-valeur ajoutée ou
un gaspillage n'est pas en soi toxique, et que ce serait même plutôt
bénéfique dans le principe.
Ce sera effectivement bénéfique si le projet ou chantier/atelier a lieu
dans un contexte de respect mutuel entre la Direction et les acteurs du
processus.
C'est-à-dire si l'amélioration du processus prend en compte les besoins
de ces acteurs, pour leur permettre de réaliser plus en moins de temps
sans augmentation de stress, avec une vision moins répétitive et plus
intéressante de leur tâche. Si la stratégie de l'entreprise intègre l'évidence selon laquelle ce
sont ses collaborateurs qui créent la richesse, ces besoins-là seront
pris en compte au mieux. Il y aura des changements, parfois mal acceptés de prime abord, mais un
accompagnement attentif de ces changements permettra qu'ils soient
acceptés.
À l'inverse, si le management est empreint d'une "culture du soupçon",
avec des rivalités voire des règlements de compte, ou par un
raisonnement "en silo" (sans intégrer les acteurs et processus situés en
amont et en aval) l'usage des outils du lean peut conduire à augmenter
directement la pression sur les individus.
Pendant un temps, et parce qu'ils ne peuvent pas l'éviter, les
collaborateurs seront contraints de suivre les nouvelles règles, mais
les effets négatifs se feront obligatoirement sentir à terme :
démotivation, absentéisme, mal-être au travail, augmentation du
turn-over aux postes de travail, etc.
Et ceci est complètement contraire à la dernière phase du cycle
méthodologique DMAIC, la phase Contrôler-maîtriser, puisque le but
ultime du projet/chantier/atelier est que les résultats de
l'amélioration soient pérennes. Comment pourraient-ils l'être si la souffrance au travail a augmenté ?
Conclusion, Lean Six Sigma : chasse aux coûts... et dégâts collatéraux ?
Les outils du Lean Six Sigma ne sont pas bons ou mauvais en soi : ils
permettent d'identifier des pistes d'amélioration, mais ce sont toujours
des êtres humains qui décident de ce qu'ils en font.
Il y a heureusement beaucoup d'exemples d'entreprises qui ont mené des
projets et des chantiers d'amélioration sans que les effets négatifs
invoqués soient constatés. Ce sont des entreprises qui respectent leurs collaborateurs, qui
cherchent en toute circonstance à conjuguer les progrès pour le client
et les progrès de leurs collaborateurs.
Dans le domaine des formations lean Six Sigma, comme pour tout déploiement de méthode, c'est le
management et la stratégie qui sont déterminants pour atteindre des
résultats satisfaisants.